Monsieur
le Maréchal, pardonnez à la France !
Cette prière, chers amis, nous l'adressons de nouveau au soldat
qui, voici un demi-siècle, nous quittait au terme d'une longue
vie de justes combats. Au matin du 23 juillet 1951, il entrait dans
son dernier sommeil et, dans la mort, son visage gardait la sérénité
et la noblesse qui étaient le reflet de son âme et qui,
de son vivant, frappaient ceux qui eurent l'honneur de l'approcher.
Weygand en témoigne quand il écrit : « Nul de ceux
qui ont connu, servi ou aimé le maréchal Pétain
ne pourra considérer cette image prise sur son lit de souffrances,
quelques heures après qu'il eut rendu l'âme à Dieu,
sans être saisi d'émotion. La majesté qui s'en dégage
est celle d'un Chef qui conduisit les armées françaises
à la Victoire, et que le vœu de la nation appela au gouvernement
de la France à l'un des moments les plus cruels de son histoire.
Sa beauté marmoréenne reste le symbole du calme et de
l'impassibilité dont il fit preuve dans l'adversité. La
sérénité dont elle rayonne est celle du devoir
accompli, de la pureté d'un cœur qui n 'a cessé de
battre pour la France.»
II n'y eut jamais plus admirable évocation de l'âme du
Français enraciné que fut Philippe Pétain dont
l'histoire se confond avec celle de la Patrie et ne peut être
méconnue par la Nation. Nous avons donc le devoir, aujourd'hui,
en ce cinquantième anniversaire de sa mort, de remettre en mémoire
sa longue vie de gloire et de sacrifice, avec l'espoir que les vents
d'ouest permettront à l'écho de nos paroles de franchir
les murs de ce cimetière marin.
Sa gloire militaire a connu un tel rayonnement qu'il peut paraître
superflu d'en rappeler les sommets. Mais sur les champs de bataille,
elle fut partagée par les plus humbles. Tout Français
doit donc en connaître et en rester le gardien.
En 1916, ce fut Verdun, la plus grande des batailles jamais disputées
et remportées par les armées françaises. Le vainqueur,
selon le Maréchal, en fut le Poilu. Selon Joffte, Pétain
en fut le sauveur par les dispositions tactiques qu'il imposa, notamment
dans le domaine de la coordination entre l'infanterie, l'artillerie
et l'aviation. Mais, avant tout, l'histoire a retenu la part décisive
que prirent dans la victoire les qualités du chef sans lequel
les combattants n'auraient pu, dix mois durant, supporter les indicibles
souffrances physiques et morales qui furent les leurs.
Ce chef, Paul Valéry, lui rend hommage en de termes inoubliables
quand, accueillant le Maréchal sous la Coupole, le 22 février
1931, il évoque Verdun : « Votre nom est inséparable
de ce grand nom [...]. Quelle tendresse en vous pour ces hommes dont
les peines inexprimables, les fatigues, les souffrances, les mutilations,
les cadavres furent la substance du salut. Le soldat peu à peu
apprit à vous connaître : il trouva l'homme en vous. »
Un
homme, c'est-à-dire, une âme. Une âme qui inspira
ses pensées et ses actes. C'est ainsi qu'en mai 1917, placé
à la tête des armées françaises dont le moral
est gravement atteint du fait des pertes subies lors de vaines offensives,
son attachement à ceux qu'il commande et le respect qu'il porte
à leur vie, opèrent, en quelques semaines, un redressement
tel qu'il avouera : «A. Verdun, j'ai arrêté l'ennemi.
C'était la chose nécessaire. Mon action, en 1917 a été
plus importante et, si j'ai sauvé la France une fois, c'est bien
à ce moment-là. »
Le célèbre critique militaire britannique, Liddell Hart,
rend le plus vibrant des hommages à cette action unique, en affirmant
que « la France n'aurait pu se passer d'un homme sans lequel elle
n'aurait pas survécu à la crise de 1917. Un Focb même,
aurait alors, vraisemblablement, précipité sa ruine au
lieu de l'arrêter.»2
Les batailles décisives de 1918 purent alors être préparées.
La stratégie défensive décidée par Pétain
lui avait permis de constituer une réserve générale
de 40 divisions grâce auxquelles les armées alliées
firent face aux ultimes offensives allemandes. En février 1918,
en Picardie, elles se portent au secours des forces britanniques et,
en juillet, elles participeront à la deuxième bataille
de la Marne dont l'issue victorieuse marque le changement de pente de
la guerre et ouvre aux armées le chemin de la victoire. Une victoire
étroitement liée à la stratégie imposée
par Pétain qui, contrairement aux élans offensifs de Foch,
avait su attendre les Américains et les chars, sans oublier d'employer
massivement les forces aériennes.
Mais
la plus noble des victoires remportées par le général
Pétain est signée par son Ordre général
n°214 du 12 novembre 1918 dans lequel il s'adresse aux armées
en ces termes :
« Nous allons, demain, pour mieux dicter la paix, porter nos armes
jusqu'au Rhin [...]. Vous ire^plus loin, en pays allemand, occuper des
territoires qui sont le gage nécessaire des justes réparations.
La France a souffert dans ses campagnes ravagées, dans ses villes
ruinées [...]. Les provinces délivrées ont eu à
supporter [...] des outrages odieux. Mais vous ne répondrez pas
aux crimes commis par des violences qui pourraient vous sembler légitimes
dans l'excès de vos ressentiments. Vous resterez disciplinés,
respectueux des personnes et des biens; après avoir abattu votre
adversaire par les armes, vous lui en imposerez encore par la dignité
de votre attitude et le monde ne saura ce qu’il doit le plus admirer
de votre tenue dans le succès ou de votre héroïsme
dans les combats. »
L'histoire rapporte que cette attitude magnanime fut celle du Grand
Condé qui, à Rocroi, alors que la redoutable infanterie
espagnole était vaincue, calma la fureur des siens afin d'épargner
les courageux bataillons de tercios qui avaient ouvert le feu par surprise.
L'honneur de pardonner le disputa ainsi à l'honneur de vaincre.
Un tel exemple s'imposait à Pétain qui aimait le citer
en déclamant le texte qui figure dans la célèbre
Oraison funèbre du Prince de Condé, prononcée par
l'évêque de Meaux. Son Ordre général du 12
novembre 1918 montre qu'il avait suivi ce bel exemple. Comment son âme
de soldat et de chrétien aurait-elle pu lui indiquer une autre
voie ?
Un bienfait n'est jamais perdu, enseigne la morale. Il n'est donc pas
interdit de penser que les sages instructions données en 1918
à nos troupes d'occupation aient contribué, en juin 1940,
à la décision allemande d'accorder à la France
un armistice demandé par le Maréchal.
Un armistice dont ceux des historiens qui ne confondent pas l'histoire
et l'idéologie, et qui ne dissocient pas le devoir de mémoire
du devoir de vérité, reconnaissent le caractère
impératif et sauveur. Car l'armistice de juin 1940 fut un acte
dont la portée stratégique peut être mesurée,
a contrario, par les conséquences qu'eut entraînées
la poursuite de vains et sanglants combats : le nombre de prisonniers
serait passé de deux à quatre millions; l'Afrique du Nord,
indéfendable contre les germano-italiens, eût été
occupée dans la foulée par la Wehrmacht privant ainsi
les Alliés de la plate-forme d'où, avec la magnifique
armée d'Afrique préparée par Weygand et Juin, ils
partirent en 1943 à l'assaut de l'Italie, créant un troisième
front, dont l'ouverture marquera, pour l'Allemagne hitlérienne,
le commencement de la fin; l'occupation totale du territoire métropolitain
et de l'Afrique du Nord eût interdit tout refuge aux juifs, qui
auraient alors été traités comme leurs coreligionnaires
européens dont près de 90 % furent victime de la barbarie
nazie, tandis que 90 % des 730 000 juifs vivant en France et en Afrique
du Nord survécurent.
Au
lendemain de l'armistice, 569 des 666 députés et sénateurs
réunis en Assemblée nationale confient au Maréchal
la charge de l'État, exprimant ainsi la volonté de la
quasi-totalité des 40 millions de Français auxquels il
a fait don de sa personne.
Sa politique immédiate est de soulager les peines de ceux dont
il est désormais responsable, sans oublier les prisonniers. Quant
à sa stratégie elle reste expectante, c'est-à-dire
d'attente, comme elle le fut en 1917. Car il sait, et il l'a déclaré
dès le 16 juin 19403, que les Américains entreront un
jour dans la guerre et contribueront, comme en 1918, à la défaite
de l'Allemagne.
Mais
la situation impose une attitude défensive fondée sur
le respect d'un armistice dont les avantages sont tels que l'occupant
souhaite en modifier les clauses en sollicitant, dès le 16 juillet
1940, des positions stratégiques en Afrique du Nord. Cette demande
est fermement rejetée par le Maréchal qui, au même
moment, appuie le développement des Services spéciaux
lesquels, de 1940 à 1942, arrêteront plus de 3 000 espions
à la solde des puissances de l'Axe, dont 42 seront exécutés
après le rejet par le Chef de l'État de leurs recours
en grâce. Bien entendu, aucun des nombreux agents anglais ou américains,
qui agissent en liaison avec nos propres services en zone libre et en
Afrique du Nord, n'est inquiété.
Parallèlement, des dispositions sont prises sous les commandements
successifs de Weygand et de Juin, choisis en connaissance de cause par
Pétain, pour préparer l'armée d'Afrique à
sa rentrée dans la guerre. C'est l'époque où Weygand,
dont les farouches sentiments anti-allemands sont connus, déclare
: «Le Maréchal est plus grand que jamais ».4
L'événement tant attendu par le Chef de l'État
survient le 8 novembre 1942, quand il apprend le débarquement
allié en Afrique du Nord et manifeste sa joie devant le chargé
d'affaires américain à Vichy5. La rentrée de l'armée
d'Afrique dans la guerre contre l'Allemagne intervient effectivement
en Tunisie, dès le 17 novembre 1942. Elle constitue le couronnement
de la stratégie expectante, tandis que le sabordage à
Toulon, le 27 novembre, de la Flotte de Haute Mer prouve, de façon
dramatique mais éclatante, le refus opposé à l'occupant
de toute coopération militaire.
Le Chef de l'État s'est refusé à partir à
Alger, car il s'était juré, dès juin 1940, de ne
jamais quitter la terre de France.
Madame
Bernard Ménétrel, ici présente, et à laquelle
nous rendons hommage, ainsi qu'à Madame Louis-Dominique Girard
- de Morcourt, nièce du Maréchal, Madame Ménétrel,
a tenu à témoigner que, le 24 décembre 1942, le
Maréchal lui avait confirmé que les vœux de Noël
qu'il venait d'adresser aux Français, en les invitant à
porter leurs regards vers le ciel et à placer leurs espérances
dans les étoiles, était bien l'image allusive du drapeau
américain.
* * *
Cependant, en riposte au débarquement allié en Afrique
du Nord, la Wehrmacht a envahi la zone Sud, dès le 11 novembre
1942, violant ainsi l'armistice. Prenant acte de cette situation qui
met un terme à la stratégie expectante qui constituait
l'axe de sa politique de défense, le Maréchal décide,
par les actes constitutionnels 12 et 12 bis du 17 et du 26 novembre
1942, de laisser tout pouvoir à Pierre Lavai pour promulguer
les lois et décrets, à l'exception des actes constitutionnels.
Mais, afin d'éviter l'intronisation par l'occupant d'un gauleiter,
il demeure à son poste de Chef d'État. A ce titre, il
a assorti sa délégation de pouvoir d'une instruction personnelle
interdisant tout entrée en guerre, ce qui vise essentiellement
la guerre contre les Alliés puisque l'armée française
vient, en Afrique du Nord, de reprendre les hostilités contre
l'Allemagne. En outre, le Maréchal exige, et ce sont les propres
termes de son instruction, « le respect des traditions spirituelles
de la France, en protégeant de toute atteinte les convictions
et coutumes religieuses ou philosophiques, l'exercice des cultes, les
droits de la famille, les mouvements de la jeunesse, le respect de la
personne humaine ».
On comprend qu'une historienne israélienne6 ait pu écrire
que « la personne humaine reste en France, pays imprégné
de la culture classique, humaniste et catholique, le principal objectif
de la nouvelle société que l'on souhaite reconstruire
durant l'occupation ». Ainsi est rendu hommage à la politique
du Chef de l'État dont le sacrifice, selon une autre historienne
juive7, eut des effets certains et positifs sur le salut des juifs.
Car, en dépit d'un statut très injuste, mais dont les
dispositions d'ordre administratif ne menaçaient aucunement leur
intégrité physique, les juifs bénéficièrent
d'une protection qui ne put être totale face aux services allemands
chargés de « la solution finale », mais qui est avérée
par le fait que sur les 730000 juifs, dont 400 000 en Afrique du Nord,
vivant dans la mouvance française, 76000 furent déportés
dont 3 % seulement survécurent. C'est donc 90 % des juifs résidant
en France et en Afrique du Nord qui échappèrent à
la barbarie nazie, et 10 % qui en furent victimes. Le taux de 90 % de
survivants est à comparer avec celui de 6 % qui s'applique à
l'ensemble des collectivités juives d'Allemagne, d'Autriche,
de Belgique, de Grèce, du Luxembourg, des Pays Bas, de Pologne
et de Yougoslavie8.
Il est édifiant de constater que cette arithmétique comparée
est totalement occultée par les médias et que, pour comble
de déni de justice, une loi votée par le Parlement unanime,
et promulguée le 10 juillet 2000, a condamné l'État
français pour crimes racistes et antisémites, c'est-à-dire
vu le contexte, de crime contre l'humanité.
Ce n'est ni le lieu ni le moment de faire l'exégèse d'une
décision de justice prise par des parlementaires peu familiers
avec l'histoire et dont l'incompétence en matière judiciaire
est d'ordre constitutionnel. Observons seulement que, lors des vingt
audiences du procès en Haute Cour, ni le Maréchal ni l'État
français ne furent accusés de crime raciste ou antisémite,
bien que des personnalités juives figuraient parmi les témoins
à charge et parmi les jurés.
Selon des on-dit repris par le procureur général, le Maréchal
était « le drapeau de la Cagoule [...] un associé
aux ordres du Fiïhrer [...] qui s'était montré favorable
au projet des conjurés, leur avait même fourni un appui
financier, en même temps que promis un appui militaire»9.
Ces accusations infâmes sont portées contre le soldat que
les Allemands avaient accusé de « résistance permanente
»10 avant de l'arrêter, le 20 août 1944, et de le
déporter à Sigmaringen.
C'est
dans le fracas de l'écroulement du Reich hitlérien que
le Maréchal peut, le 21 avril 1945, prendre le chemin de la Suisse
dont il refuse l'hospitalité. Il a choisi de revenir en France
afin de défendre ceux qui l'on servi et rendre compte de sa politique
au peuple français. Le 23 juillet 1945, à l'ouverture
de son procès, il déclare :
« C'est le peuple français qui, par ses représentants
réunis en Assemblée nationale, le 10 juillet 1940, m'a
confié le pouvoir. C'est à lui que je suis venu rendre
des comptes [...]. Je représente une tradition qui est celle
de la civilisation française et chrétienne [...]. J'ai
passé ma vie au service de la France. Aujourd'hui, âgé
de 90 ans, jeté en prison, je veux continuer à la servir,
en m'adressant une nouvelle fois à elle une dernière fois
encore. Qu'elle se souvienne [.. .] j’ai mené ses armées
à la victoire en 1918. Puis, alors que j'avais mérité
le repos, je n'ai cessé de me consacrer à elle [...].
Le jour le plus tragique de son histoire, c'est encore vers moi qu'elle
s'est tournée [...]. Voudra-t-on comprendre la difficulté
de gouverner dans de telles conditions? Chaque jour, un poignard sur
la gorge, j'ai lutté contre les exigences de l'ennemi [...],
mais ma vie importe peu. J'ai fait à la France le don de ma personne.
C'est à cette minute suprême que mon sacrifice ne doit
plus être mis en doute [...]. A votre jugement répondront
celui de Dieu et celui de la postérité. Ils suffiront
à ma conscience et à ma mémoire. Je m'en remets
à la France! »
Le réquisitoire du procureur général ne pouvait
qu'être applaudi par les professionnels de la politique qui, dans
l'entre-deux-guerres étaient restés sourds aux appels
de Pétain dénonçant la montée du péril
allemand. Témoins à charge, ces professionnels dont les
patronymes sont connus, mais ne sont pas dignes d'être cités
ici, étaient les responsables non seulement de l'impréparation
du pays à la guerre, mais encore d'avoir inconsidérément
ouvert les hostilités avant de s'effacer lâchement à
l'heure du désastre. Avec l'Angleterre coupable d'avoir, en 1939,
déclaré une guerre à laquelle elle ne pouvait participer
qu'avec des forces terrestres ridicules, ils étaient et demeurent
au premier rang des responsables de la défaite du printemps 1940
et de ses suites tragiques. Le procès en cours leur permettait
de chercher une rédemption dans la condamnation à mort,
pour intelligences avec l'ennemi, du Chef de l'État qui, de ce
fait, était chargé des conséquences de leur licence,
voire de leur trahison. Dieu leur pardonne !
Dieu, dieu. C'est ainsi que le Maréchal orthographie le nom de
l'île où, sa condamnation à mort ayant été
commuée en détention perpétuelle, il débarque
le 15 novembre 1945, dans sa 90e année. C'est dans la citadelle
de Pierre-Levée qu'il va, durant près de six ans, vivre
le dernier acte de son existence.
« Voilà une existence extraordinaire, écrit Paul
Valéry. S'il y aura un Plutarque français pour écrire
les vies de nos hommes illustres, celle-ci lui proposera un thème
prodigieux : la tâche la plus lourde la plus incertaine, la plus
troublante, la plus douloureuse ainsi reportée à l'extrême
de l'âge, acceptée dans les conditions les plus difficiles
et parfois les plus pénibles, consistant à sauver l'ordre,
l'honneur, le moral de la nation au milieu du désarroi et de
la dissolution générale. Quels états de service!
»
Cet hommage a des accents prophétiques, car lorsque Valéry
le publie, en juin 1942, il ne peut savoir que les états de service
qu'il évoque seront couronnés par l'élévation
de l'illustre soldat au rang de martyr. Un martyr dont la mort chrétienne
fut précédée d'une profession de foi : «
La France, je n'ai jamais aimé qu'elle ». Un martyr qui
ne proférera jamais la moindre plainte, car avait-il dit, «
un Maréchal de France ne demande de grâce à personne
». Il avait simplement confié son honneur à ses
défenseurs dont nous sommes tous, ici, les héritiers.
Outre sa réhabilitation, il avait demandé d'être
inhumé à Douaumont auprès de ses soldats qu'il
avait tant aimés. « J'ai confiance en vous, avait-il dit
à Jacques Isorni et à Jean ternaire. Je vous ai confié
une mission. Ne l'oubliez Jamais! ».
Non, Monsieur le Maréchal, nous n'oublierons jamais. Car le tombeau
des soldats demeure le cœur des vivants. Un jour de ce nouveau
siècle, un navire cinglera de Port-Joinville vers le continent,
emportant votre corps vers Douaumont où votre âme n'a jamais
quitté celles de vos Poilus. Vos Poilus, ce sont les aïeux
de ces enfants qui vont maintenant répandre autour de votre tombe
la terre des Hauts de Meuse, la terre de Verdun, la terre dont le nom
est indissociable du vôtre, une terre orpheline, qui vous appelle
et vous attend.
Général (CR) Jacques Le GROIGNEC
NDLR - Ce texte a été illustré et publié
dans la revue Le Maréchal, numéro 203 du 3e trimestre
2001.
1.
Allocution prononcée au cimetière de l'Ile d'Yeu, le 23
juillet 2001, lors du cinquantième anniversaire de la mort du
maréchal Pétain.
2. LIDDEL HART – Réputations
3. PETAIN à Albert RIVAUD - Témoignage de celui-ci adressé
à Jean GUITTON et cité par F.G. DREYFUS dans Histoire
de Vichy p 163.
4. Carnets du pasteur BOEGNER - Ed Fayard pi 75. Foreign Relations of
thé United States, 1942, volume II, pp. 430-432.
5. Foreign Relations of the United States, 1942, volume II, pp. 430-432.
6. Limore YAGIL— L'homme nouveau et la dévolution nationale
de Vichy (1940-1944).
7. A. KRIEGEL - Ce que j'ai pu comprendre, p 172.
8. R. HILBERG - La destruction des juifs d'Europe, p 903.
9. J.O. du procès, pp. 7 et 8
10. RIBBENTROP - Lettre adressée au Maréchal, le 29. novembre
1943. Extrait dans Pétain, Face à l'Histoire - NEL p205.